Politique
Marseille : encore du remous à la Métropole
Vendredi 14/07/2017 à 11H52 Marseille
   
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Le président Gaudin a tenté de calmer les contestations des maires sur les transferts d'équipements. Et les a avertis

Politique - Marseille : encore du remous à la Métropole
Face à la contestation, hier au Pharo, Jean-Claude Gaudin s'est posé en président défenseur du pouvoir des maires.PHOTO PERHYN CAPEL

On aurait eu tort de penser que la machine étant lancée, plus rien ne viendrait enrayer la course de la nouvelle Métropole. Mais le conseil d'Aix-Marseille Provence, hier matin, est venu rappeler que la vie politique et institutionnelle n'est jamais un long fleuve tranquille et que des sujets capables de la faire tanguer sur ses bases peuvent toujours se nicher dans ses méandres.

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Surtout lorsque les financements promis par l'État tardent à remonter à la surface. Il en va ainsi de la question des transferts d'équipements culturels et sportifs, sujet pourtant retiré de l'ordre du jour et qui occupe les discussions depuis la dernière conférence métropolitaine des maires, fin juin (nos éditions précédentes).

"Vieilles ritournelles"

La première salve est venue du frontiste marseillais Stéphane Ravier, qui souhaitait "un été de repos et de réflexion" au président (LR) Jean-Claude Gaudin. Le maire de secteur lui demandait avec aplomb de se poser une question : "Dans cette histoire, n'ai-je pas été couillonné par Ayrault et Valls, qui m'ont fait miroiter un torrent de millions qui n'est jamais arrivé ? Et par les élus locaux que j'ai faits ducs et duchesses ?" Le principal intéressé ne répondait pas à la provocation : "La Métropole existe aujourd'hui, même si ce n'est pas sous la forme que nous le voulions. Rien ne sert de ressasser les vieilles ritournelles."

Une philosophie affichée depuis dix-huit mois par un président qui mettait en garde, une première fois, les 91 autres édiles de la Métropole : "Nous reversons 65 % de notre fonctionnement aux communes, alors que c'est 25 % en moyenne dans les autres métropoles. Nous ne pourrons pas continuer comme cela."

Le maire de Marseille se défendait aussi de vouloir débarrasser les finances de sa ville du coût des piscines et autres bibliothèques : "Lorsqu'une commune transfère un équipement, elle transfère aussi les ressources qui permettent de le faire fonctionner."

La fameuse barque

Joël Mancel (Beaurecueil), au nom du Groupe d'intérêt communal, se disait "reconnaissant" à Jean-Claude Gaudin d'avoir su mettre sur les rails la Métropole. Mais selon lui, "si on continue à aller plus vite et plus loin, nous allons faire couler la barque". "Lorsqu'une barque menace de couler, il faut être nombreux à ramer. Et là, elle est en train d'aller à bon port", répondait le vice-président à la mobilité, Jean-Pierre Serrus (LR).

"C'est une question fondamentale pour notre métropole. Nous avons besoin de consensus sur ce sujet", recadrait Loïc Gachon, maire PS de Vitrolles. "Qu'on arrête la cacophonie, réclamait Gaby Charroux, maire PC de Martigues. La définition de la notion d'intérêt métropolitain me paraît primordiale." Le président annonçait alors la création d'un groupe de travail sur le sujet.

D'ores et déjà, la Métropole devrait voter en septembre une première (petite) vague de transferts d'équipements, avec l'Arena d'Aix et le Vélodrome, dont "le rayonnement métropolitain fait consensus". Pour le reste, il faudra s'accorder d'ici à la fin de l'année, comme l'exige la loi. "Faute de quoi l'intégralité des équipements culturels et sportifs deviendront métropolitains. Ce que nous ne voulons pas", avertissait Jean-Claude Gaudin.

Rendez-vous fin décembre

Certains élus qui réclament, à l'image de Georges Cristiani (Mimet, SE), que la Métropole ne s'occupe que des "grands" sujets ("emploi, transports..."), ont demandé à la présidente LR du Conseil départemental, Martine Vassal (également 1re vice-présidente de la Métropole) de se faire leur porte-voix lors de la conférence des territoires, qui se tient lundi au Sénat.

"Ce ne sont souvent que des grands-messes", prévenait Jean-Claude Gaudin, fin connaisseur des arcanes du palais du Luxembourg. Avant de livrer un ultime coup de semonce : "J'ai toujours tenu à ce que les 92 maires soient au conseil de la Métropole. Qui vous le garantit si l'élection se faisait au suffrage universel ?" Une façon de dire aux édiles des petites communes que leur voix est audible grâce à lui...


 

Logement social : ça se tasse.

Le président de la Métropole avait déjà demandé à l'État que 28 communes carencées en logements sociaux soient exemptées de pénalités. Cinq autres, du pays d'Aix, se sont jointes à la demande. Une possibilité qui contre quelque peu les effets de la loi Égalité et citoyenneté qui oblige chaque commune à se doter de 25 % de logements sociaux. À l'exception de la conseillère PS marseillaise Muriel Prisco, qui a dénoncé "une offensive contre le logement social", l'ensemble des élus a semblé valider cette demande de dérogation. Le dernier reviendra de toute façon à l'État.

Pollution : Djambae veut aller plus loin.

Saluant les mesures d'urgence en cas de pics de pollution votées hier (notre édition d'hier), la conseillère EELV Nouriati Djambae a enjoint la Métropole à aller plus loin. Avec notamment "l'interdiction de l'utilisation de fiouls lourds" pour les bateaux de croisière et la "gratuité des vélos en libre-service et du stationnement résidentiel".

Une minute de silence pour Robert Vigouroux.

Les élus métropolitains ont observé une minute de silence en hommage à l'ancien maire de Marseille (1986-1995), le professeur Robert Vigouroux, décédé la semaine dernière à l'âge de 94 ans.

Sylvain Pignol

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