Métropole

Jean-Claude Gaudin n’en demandait pas tant

 
 
Le sénateur-maire de Marseille ne s'est jamais imaginé à la tête d'une communauté urbaine de 90 communes comme le prévoit le projet de l'actuel gouvernement socialiste. (Photo S.P.)
« Personnellement, j’aurais fait moins grand, moins vite et moins fort » : Jean-Claude Gaudin a saisi l’occasion du débat improvisé sur la métropole marseillaise, qui a animé l’hémicycle de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) ce vendredi 15 février, pour souligner qu’il n’avait jamais été demandeur d’une métropole phocéenne aussi étendue que le prévoit le projet du Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault. Car le sénateur-maire de Marseille aime à le rappeler, il imaginait davantage une métropole à 20 communes… là où le projet gouvernemental projette d’en regroupe pas moins de 90 sous la bannière de la métropole marseillaise. « Lorsque j’ai fait la communauté urbaine en 1999 suite à la loi Chevènement, je n’ai pas réussi à obtenir l’accord de plus de 17 villes. J’aurais souhaité obtenir celui des Pennes-Mirabeau car cela aurait entraîné Cabriès qui ne pouvait pas venir pour des raisons de continuité territoriale », précise-t-il régulièrement. Et d’en conclure au sujet du vaste projet du gouvernement qui vise à regrouper de six des neuf établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) des Bouches-du-Rhône (La communauté urbaine Marseille Provence Métropole, les communautés d’agglomération du Pays d’Aix, d’Aubagne-Pays de l’Etoile, de Salon-Etang de Berre-Durance, du Pays de Martigues et le syndicat d’agglomération nouvelle Ouest Provence) au sein de la métropole marseillaise : « Je n’en ai jamais demandé autant. » Un futur ensemble qui réunirait 90 des 119 communes des Bouches-du-Rhône, ne laissant de côté que le Pays d’Arles et le Nord du département autour de Châteaurenard. Avec en son sein une population de 1,8 million d’habitants sur les 1,972 million que l’Insee a comptabilisé lors du recensement de 2010.
Le sénateur-maire de Marseille, ancien professeur d’histoire, aime aussi à rappeler que c’est, selon lui, à Gaston Deferre, maire de Marseille d’août 1944 à novembre 1945, puis de 1953 à sa mort en 1986, que la ville doit son retard en matière de construction d’une communauté urbaine. Et de rappeler que lorsque le général de Gaulle proposa en 1966 à cinq grandes villes françaises (Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Strasbourg) de se transformer en communauté urbaine, Gaston Deferre fut le seul à refuser « car autour de Marseille il n’y avait que des communes communistes et de droite ». Si bien qu’il faudra attendre 1999 et la loi Chevènement pour qu’une communauté urbaine, à 18 communes, soit construite autour de la cité phocéenne.

S.P.

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